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David Thomson, Les revenants. Ils étaient partis faire le jihad, ils sont de retour en France, Seuil (coll. Points), 2016 – Compte rendu par laurent dartigues.

Daniel Thomson (né en 1980) est un journaliste français, grand reporter pour Radio France International (RFI) et collaborateur du site d’information Les Jours. Il a fait ses études à Sciences Po Aix (Aix-en-Provence), avant de rejoindre l’Institut du journalisme de Bordeaux. Il a couvert la guerre en Libye de 2011, ainsi que le Printemps arabe tunisien de 2010-2011. C’est à cette occasion qu’il est confronté à la tentation jihadiste. Il coréalise d’ailleurs un documentaire à ce sujet pour Arte et devient un spécialiste reconnu de la question jihadiste. Les Revenants lui vaut du reste le prestigieux Prix Albert Londres et la plupart des ouvrages le citent car il est fondé sur un travail de première main, Thomson ayant réussi à dialoguer avec des jihadistes, ce qui fournit un matériau particulièrement riche de cas individuels.

Il n’en a pas toujours été ainsi. À l’occasion de la parution de son premier ouvrage Les Français jihadistes (2014), il fut invité à participer à l’émission Ce soir ou jamais du 25 avril 2014 sur France 2 (disponible sur youtube) pour rendre compte de son enquête auprès de jeunes français engagés dans les forces de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le futur EI au moment de la proclamation du califat de juin 2014. Il y fit cas notamment de ce que, dans la logique de l’EIIL alors si peu connu en France, les actes terroristes sur le sol français apparaissaient logiques, la France étant considérée comme l’ennemie de l’islam, et alertait donc sur des risques élevés. Il fut accusé d’incompétence, traité avec mépris et incrédulité par les différents « experts » du plateau, que ce soit par Dounia Bouzar, qui venait de fonder le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islamChelsea Boots Lemon Tree tomBrook Femme q4tRSnH1, Hanane Karimi, féministe musulmane, sociologue, et surtout le philosophe Raphaël Liogier et l’avocat William Bourdon. Il fut rétorqué à David Thomson que ses propos faisaient le jeu des extrêmes et risquaient de favoriser la stigmatisation de tous les musulmans, voire l’islamophobie d’État.

David Thomson fut menacé de mort et placé sous protection policière en 2016. Il décide en 2017 de s’installer aux États-Unis pour sa sécurité. Continuer la lecture de Les Revenants

  1. Que Thomson qualifie de business de la déradicalisation []

Soraya EL ALAOUI
Les réseaux du livre islamique. Parcours parisien.
Paris, CNRS Éditions (coll. Connaissance du Monde arabe), 2006 – Compte rendu par laurent dartigues

Ce livre déroge à ce que nous proposons habituellement au sien de notre Atelier de lecture. Nous privilégions en effet des ouvrages récents qui « font » l’actualité. Dans le cas présent, il s’agit d’un livre paru en 2006 – issu d’une thèse soutenue en 1998 – qui plus est largement passé « sous-le-radar ». Le choix s’est effectué sur la base de l’originalité du thème, en se disant : « il y a là peut-être des choses intéressantes à glaner » par le biais d’un « petit sujet » parfaitement méconnu de notre part et eu égard à notre préoccupation de « Réfléchir après… » L’ouvrage semblait en outre offrir quelque garantie de qualité, d’autant plus qu’il s’appuyait sur un long terrain d’enquête, entre 1990 et 1997, dans trois quartiers parisiens. La thèse fut de plus soutenue à l’École des hautes études en sciences sociales sous la direction de l’historienne réputée Lucette Valensi, et publiée aux éditions du CNRS. Et s’il est certes passé sous les radars, il bénéficie néanmoins d’un compte rendu élogieux écrit par un professeur de littérature arabe à l’université de Lyon 2, Yves Gonzales Quijano : il loue ce travail original par son objet et riche par la qualité de son information.

Et là, les bras m’en tombent, la tête vacille entre consternation et interrogation. Cela questionnerait notamment sur les conditions de réalisation de la thèse (disponibilité de la doctorante et de la directrice). Globalement, le « produit » n’est pas du tout conceptualisé, reste confus et peu fouillé. À titre d’exemple, et en écho ironique à l’appréciation de Quijano quant à la qualité de l’information, on peut s’étonner que nulle prosopographie d’ensemble des libraires ou des éditeurs locaux et nulle cartographie des réseaux « du livre » n’accompagnent l’ouvrage, sans compter le peu de clarté des statistiques descriptives concernant la sociologie des quartiers enquêtés. Et passons sur la bibliographie réduite et l’absence d’index qui sont des outils que des éditeurs scientifiques un tant soit peu sérieux doivent exiger.

Mais d’abord, un mot très bref sur un ouvrage qui se présente comme une sociologie historique des réseaux de production, de distribution et de consommation des livres islamiques à Paris. L’auteure s’évertue, d’une part, à localiser les librairies islamiques – La Goutte d’Or dans le XVIIIe et la Folie-Méricourt dans le XIe – et à repérer les autres espaces de vente des livres islamiques (trottoirs, Foire du livre islamique, institutions islamiques), d’autre part, à caractériser les produits (des livres mais aussi des objets) écoulés par ces librairies, enfin, à identifier et caractériser les lieux de production que sont les éditions libanaises et des éditeurs « locaux ».
C’est en réalité une thèse sans thèse, parce qu’on ne peut appeler ainsi les deux propositions explicatives de l’essor de la diffusion et consommation de livres islamiques à partir des années 1980 qu’elle avance, en passant, sans jamais les éprouver. Selon El Alaoui, il révèle une manière de retrouver une dignité ébranlée par une situation économique et politique déliquescente, il est l’indice de la place montante de l’islam en France liée à la sédentarisation des populations musulmanes, due à la loi de 1974 bloquant l’immigration de main d’œuvre, qui se sont stabilisées par le biais du regroupement familial.

Ceci dit, il y a des moments de franche hilarité, El Alaoui passant à côté de ce qui pourrait avoir un intérêt avec une grande constance.
Je pense notamment au paragraphe où elle étudie les circuits du livre islamique que forment trois institutions, l’Institut européen des sciences humaines (IESH) créé en 1992 par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), l’Institut d’études supérieures de formation religieuse et théologique créé en 1993 par la Mosquée de Paris, l’Université islamique de France créée aussi en 1993 et « émanation » de la Ligue mondiale islamique. On a l’impression que sa présentation reproduit les plaquettes publicitaires de présentation des projets. Ainsi, l’IESH, installé en Nièvre, à côté de Château-Chinon, à Saint-Léger-de-Fougeret – et non de Four-geret comme c’est écrit – a “ le privilège de se trouver au beau milieu d’un axe traversant la France du NO au SE bénéficiant ainsi d’une zone d’influence comprenant les régions suivantes : Nord-Pas de Calais, Picardie, Haute-Normandie-Île-de-France, Province-Alpes-Côte d’azur, régions à forte concentration d’immigrés ” (§72 du chap. 2). Château-Chinon… Mitterrand… « sciences humaines »… alors que l’objectif est de former des imams et des cadres pour aider les musulmans à vivre « en harmonie avec la société d’accueil » précise l’auteure, autant de choses qui ne l’émeuvent pas1. Tout juste nous apprend-elle en note de bas de page que les Renseignements généraux avait émis un avis défavorable à cette création, trois islamistes notoires faisant partie du conseil scientifique, et que la rumeur insinue qu’un contrat d’armement fut négocié entre Riyad et Paris à cette occasion. Un ange aux ailes truffées de plomb passe… Ces trois institutions fondées peu ou prou en même temps mériteraient pourtant une analyse en termes géopolitiques susceptibles de donner une autre consistance à l’idée de « réseau ».
D’autant que l’Institut européen des sciences humaines et l’Université islamique de France sont tous deux financés par l’Arabie Saoudite, directement ou via la Ligue mondiale islamique dont l’auteure rappelle que, née en 1962 au cœur de la rivalité entre le wahhabisme et le nassérisme, elle est dominée par l’Arabie Saoudite. Les travaux dont nous avons parlé dans ce carnet de recherche – ceux sur le blasphème de Colosimo et Saint-Victor, celui sur les « caricatures » de Mahomet de Favret-Saada (à venir) – invitent, à bonne distance de toute paranoïa excessive, à ne pas demeurer naïfs quant aux finalités de ce soft power d’ampleur internationale. Ce serait assurément une hypothèse à explorer si l’on considère ce que Soraya El Alaoui décrit à propos des livres vendus dans les librairies islamiques. On trouve en effet d’un côté la turâth (le patrimoine islamique) réactualisée sous forme d’extraits ou de résumés le plus souvent traduits – ce qu’elle appelle l’« islam catéchisé », évoquant en particulier les meilleures ventes que sont La voie du musulman ou Le licite et l’illicite en Islam et dont le but est “ d’inculquer par leur écrits, à la jeunesse musulmane, une confiance totale en la suprématie du système islamique sur tout autre système ” (chap. 2, § 90) ; et d’un autre côté, ce qu’elle nomme l’« islam thématisé » qui traite essentiellement de la femme, de la mort, de médecine et d’économie. Et cette hypothèse n’est peut-être pas incompatible avec l’hypothèse, qu’elle n’analyse pas mais ne fait que mentionner, à savoir le rôle majeur du libraire dans le choix des clients.

Une des faiblesses majeures de l’ouvrage réside dans ce que j’appellerais des « essentialisations silencieuses ». Et qui commence très tôt, sans que El Alaoui en soit d’ailleurs responsable puisqu’il s’agit de la collection du CNRS qui accueille sa thèse. Interrogeons-nous : en quoi une étude sociologique du réseau du livre islamique à Paris constitue-t-elle une connaissance du « Monde arabe » ?
J’ajoute aussitôt qu’il coule de source pour l’auteure que le livre islamique qu’elle ne définit jamais est le livre religieux, comme l’indique le titre du chapitre deuxième.
De même écrit-elle que l’implantation de commerces, lieux de culte ou librairies islamiques indique que l’« appartenance islamique » passe de l’espace privé à la sphère publique : mais qu’est-ce qu’une appartenance islamique ? Parle-t-on de recherche de spiritualité ? de sociabilité ? d’appartenance large à une communauté ? de nostalgie vis-à-vis d’un pays d’origine ? de constitution de réseaux d’entraide ? À la fois, « appartenance » et « islamique » cachent probablement des pratiques très variées de ces lieux : il conviendrait a minima d’approcher le sens vécu de cette « appartenance islamique » auprès des gens eux-mêmes.
Ailleurs, elle informe que l’édition arabe au Liban publie aussi bien des livres chiites que sunnites – l’imprimerie dont elle parle en l’occurrence appartient à une famille chiite. En quoi cette précision est-elle pertinente si elle ne présuppose pas que cette distinction va de soi ? Aux yeux de qui ? Et en quoi un livre est-il chiite (ou sunnite) ? Par l’auteur et ce qu’il revendique pour l’écriture de ce livre-là ? Par le thème abordé ? Par le public auquel il s’adresse ? Est-ce par cette grille de lecture confessionnelle que tous les lecteurs appréhendent ce type de livre ?

  1. De même nous informe-t-elle que l’Université islamique, dont elle dit sans l’ombre d’un début de preuve que “ la qualité de l’enseignement et le niveau d’exigence concernant l’évaluation des travaux des étudiants sont très élevés ” (§32, chap. 2), a pour but de former des cadres pour la « communauté musulmane », sans envisager le fait qu’elle cherche surtout à la fabriquer. []
  2. 1134 Bottes Mustang 301 Femme 602 zRnqw7

Compte rendu de Xavier Crettiez, Bilel Ainine, ‟Soldats de Dieu”. Paroles de djihadistes incarcérés, Paris, L’Aube/Fondation Jean-Jaurès (coll. Monde en cours), 2017 – par laurent dartigues

J’ai volontiers envie de parler de stratégie académique à propos de ce livre, celle d’un directeur adjoint de Sciences Po’ Saint-Germain-en-Laye qui, via l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, chercherait à occuper une position dans le champ français des études sur le radicalisme islamiste, plus précisément sur le créneau des paroles de djihadistes, une niche au regard de la production intellectuelle dont on peut imaginer qu’elle permettrait de se démarquer de la concurrence : « rares sont les ouvrages qui acceptent de donner la parole à ces invisibles » (p. 8). Il s’accompagne pour cela d’un doctorant, Bilel Ainine, en charge de la transcription des récits – lourd pensum, au choix 600 pages selon la note 23 en fin d’ouvrage, 1000 pages si l’on en croit la note de bas de page n°1 – dont on ne saura dans quelle langue ils furent recueillis.

Simple supputation quant à l’intention de Xavier Crettiez (XC) que je me garderais bien de réduire à cette seule stratégie. L’introduction en tout cas va dans le sens de cette interprétation, dans la mesure où elle cherche avant tout à opérer un travail de classement des plumes afin d’insérer l’originalité de son propre travail dans le tableau. Ce qui relève somme toute d’une démarche classique pour tout texte scientifique, mais apparaît plus incongru en ce qui concerne ce petit livre qui ni ne cherche à se soumettre aux critères certes variés en vigueur dans la cité savante, ni ne vise le public scientifique.
En vertu de quoi, il est question de « paroles », et non des images, des lieux de socialisation, des psychés. Et, pour que « Dieu » puisse y reconnaître les siens, l’auteur nous fournit une liste de noms dont il brosse à grands traits (et sans les nuances et inflexions que ces auteurs ont développées) les thèses respectives : David Thomson – mais Les Revenants sont axés sur les récits de vie en Syrie et laissent de côté les schémas de pensée, les opinions, la « grammaire » idéologique –, Gilles Kepel – mais sa thèse sur la radicalisation de l’islam établit un lien de causalité entre la lecture salafiste du Coran et le passage aux actes de violence –, Olivier Roy – sa thèse de l’islamisation de la radicalité fait du djihadisme une forme d’engagement dans la violence armée comparable à bien d’autres, la religion n’étant dès lors qu’un habillage d’une geste contestataire, générationnelle et nihiliste –, François Burgat – mais il réduit le djihadisme à un combat politico-militaire légitimé par le tiers-mondisme et l’anti-impérialisme –, Fethi Benslama – mais ce « spécialiste de la vie mentale », comme il le nomme, ne voit dans l’offre djihadiste que la dimension de séduction narcissique à même de réparer un idéal islamique blessé. Xavier Crettiez se tiendra pour sa part résolument au-dessus de la mêlée, par volonté œcuménique – « [ces thèses] comptent toutes une part de véritéW4D Bottes Femme Royal Pikolinos Souples TUxYwHB » (p. 13) – mais aussi par désir d’apaisement – « leur opposition peut sembler stérile, d’autant qu’elle pollue le débat universitaire, créant des querelles universitaires » (p. 13). Ceci dit, XC souligne que les entretiens qu’il a conduits entérinent l’hypothèse de Kepel tant il semble montrer l’importance du rapport littéral au Coran.

Il y a d’abord de la gêne à lire ce livre. Impossible de savoir si les noms ont été anonymisés ; bien que « Slip Ferm Ons Escarpins Bout Superchelsea FitFlop récurrentes » (p. 17), les hésitations et onomatopées ont été gommées, les fautes de syntaxe corrigées pour faciliter la compréhension ; nous ne savons rien de ce que l’auteur a laissé tomber des 600 ou 1000 pages de transcription, ni des contenus, ni des motifs qui ont justifié une telle coupe claire ; si XC note que les prisonniers sont vraisemblablement « soucieux de ne pas trop s’exposer aux yeux d’un étranger susceptible d’avoir des liens avec l’administration pénitentiaire » (p. 115), il ne semble en tirer aucune conséquence quant à la « politique du terrain » ou la manière de traiter les entretiens. Des passages m’apparaissent même odieux : qu’est-on censé faire de ce « prémonitoire… » (p. 143) pour qualifier le propos d’Abdel évoquant le film Ferm Escarpins Superchelsea Slip FitFlop Bout Ons Apocalypto qui montre à ses yeux que la violence est à la fois nécessaire et primordiale dans l’évolution des civilisations ? Globalement, les commentaires d’apparence descriptive que Xavier Crettiez distille pour en quelque sorte dynamiser la présentation des « paroles », laissent filtrer de discrets jugements normatifs. Pourquoi la quête d’action et de sens de ce jeune Ibra parti très tôt de France pour l’Égypte serait-elle « surprenante » (p. 30-31) ? Tobie Nathan dans Les âmes errantes, un ouvrage qui rend compte de trois années de consultations auprès de jeunes gens radicaux fascinés par le djihadisme montre au contraire que ce besoin de sens est majeur. Pourquoi dire que les djihadistes expriment « assez logiquement » (p. 115) leur fascination pour Daech ou al-Qaida qui sont par ailleurs deux organisations concurrentes ?
À bien des égards, il est donc malaisé de tirer quelque enseignement des « paroles » recueillies auprès de 13 djihadistes incarcérés et que l’auteur organise en 19 courts chapitres thématiques (Islam, Dieu, France, Le complot, Sexualité, etc.) précédés d’une espèce d’index thématique des paroles rapportées. D’autant que nous ne savons rien de ces « djihadistes ». Ils ne sont jamais situés, nulles données prosopographiques, aucun récit un tant soit peu détaillé du parcours de ces « djihadistes » : tous les discours sont projetés sur le même plan thématique. Ou devrais-je dire « prétendus » djihadistes ? Car Xavier Crettiez nous informe qu’ils sont en prison pour des liens supposés avec une entreprise terroriste, sans qu’une participation directe à des actions terroristes ne soient qualifiée. Les nommer « djihadistes » est donc plus qu’un abus de langage bien gênant de la part d’un universitaire censé justement prendre une distance critique à l’endroit de ces assignations, mais une erreur conceptuelle.

Que retenir toutefois de ce livre indigne d’un universitaire, que même un journaliste quelque peu scrupuleux n’aurait pas osé commettre ? Avec toutes les restrictions exposées et en assumant l’entière subjectivité de mes choix, j’aimerais, dans une perspective d’interrogation et d’approfondissement à venir, mettre en lumière quelques fragments :
1. XC met en avant Kepel, mais on pense plutôt à Roy tant les propos signalent que l’islam est à ces « djihadistes » un guide de vie, une solution à chaque question qu’ils se posent pour gouverner leurs conduites, savoir comment vivre au quotidien ou bien, plus existentiellement, savoir qu’est-ce que je fais ici-bas.
2. Le miroir parfois étrangement lucide que ces « djihadistes » tendent quant aux débats publics en France. En voici quelques exemples qui m’ont particulièrement frappé :
Ainsi, lui assène Untel, « Al-Abani1, c’est le Tariq Ramadan des savants, il a un double langage ! » pour ne pas choquer les gens (p. 46).
Ainsi, lui dit un autre, les médias disent que les partants pour la Syrie sont des débiles, mais « ce que les gens ont du mal à comprendre parfois », c’est que le dogme pousse au départ et légitime la violence (p. 61).
Ainsi, témoigne celui-ci, « Moi, si j’étais un non-musulman français, je pourrais peut-être comprendre que ça ne plaît pas de voir des barbus et des voilées, et même trop d’étrangers en France (…). [Je] serais peut-être d’extrême-droite » (p. 72).
Ainsi, peut-on relever les multiples « valeurs » dont le mot « islamophobie » est affublé, entre le propos d’un certain Fahim quand ce dernier évoque des faits d’un racisme ordinaire anti-arabe et le discours d’un autre qui y voit la volonté d’imposer aux musulmans une certaine pratique de l’islam. Il appuie son dire à l’aide de deux exemples : les réactions négatives au fait qu’un musulman a refusé de serrer la main d’une journaliste à la TV ; Audrey Pulvar affirmant sur iTélé qu’il n’est nullement dit dans le Coran que la femme doit porter le voile, alors qu’elle n’est qu’une femme journaliste et non un imam.
Ainsi, peut-on s’interroger sur la responsabilité des intellectuels quand on lit ceci : « En France, un musulman a quatre à cinq fois moins de chances de trouver un travail qu’un noir aux États-Unis. Ça, ce sont les chiffres de l’institut Montaigne » (p. 86) ; ou cela : « le déclic de mon engagement », c’est la lecture de F. Burgat, Al-Qaida à l’heure de l’islamismeBottines 4a Femme Tommy Noir Hilfiger P1285aola Chelsea fUqRR1AwWt, et la découverte de bases US en Arabie Saoudite ; ou encore sur les « mensonges » des journalistes : « C’est comme Kepel. Lui, il est gentil mais il n’est pas objectif. Il est orgueilleux, en plus. Il ne raconte que des conneries » (p. 129), il recherche la gloire médiatique en étant à charge contre l’islam (p. 141).
Enfin, là où le politique voyait une réponse adaptée à la radicalisation de jeunes gens, ces « djihadistes » se montraient bien critiques, dénonçant le « gros business » de Dounia Bouzar, « Slip Ferm FitFlop Ons Bout Escarpins Superchelsea un bras cassé ! Elle ne comprend rien ! Ils lui ont passé 700 000, 800 000 euros » (p. 125).

  1. Muhammad Nassiruddine Al Albani (1914-1999) est un théologien albanais spécialiste des Hadith. []
  2. XC n’apparaît pas ici « surpris » par un « djihadiste » lecteur d’essai. []
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Compte rendu réalisé par François Robert.

Bottes Casual De haut Femme Martin Courtes Bottines Lacets Confortable BIGTREE Talon ztqCwDans le débat politique, amplifié par la période électorale, la question de l’immigration a été encore au cœur des discours. Le nouveau ministre de l’Intérieur Gérard Collomb reprend le flambeau de ses prédécesseurs en voulant durcir la politique migratoire et propose à cet effet, en janvier 2018, une énième loi sur l’immigration et de droit d’asile. Preuve s’il en est que le livre de François Héran est d’une actualité brûlante. Il aborde ces questions, moins en tant que chercheur, bien qu’il ait publié deux autres livres sur ce thème1, mais comme directeur d’un établissement public, l’Institut national d’études démographiques (INED), dont une partie des chercheurs travaillent sur le thème des migrations. Cette position induit un point de vue spécifique et original.

François Héran

Le parcours de l’auteur l’explique en partie. Normalien (Ulm), agrégé de philosophie, il soutient une thèse en 1979 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) en anthropologie sociale sur la parenté en Andalousie occidentale. Puis, il intègre l’INED avec une mise à disposition à l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) où il a en charge des enquêtes sur les conditions de vie des ménages (1980-1992) avant de prendre la direction de la division des Enquêtes nationales et études démographiques (1993-1998). Il assure, dès 1999, la direction de l’INED pendant une dizaine d’années. Ce parcours est atypique dans le sens où un philosophe accède, pour la première fois, à la tête d’un Établissement public à caractère scientifique qui était traditionnellement dirigé par des polytechniciens2. Sans vouloir déflorer le compte rendu, cette rupture déjà engagée avec son prédécesseur, lui aussi non polytechnicien, peut apparaître comme un des moteurs de la controverse entre démographes qui suinte tout au long de l’ouvrage.

Cet ouvrage de 327 pages, divisé en sept parties et vingt chapitres, s’articule autour de deux thèmes principaux. Le premier traite des politiques publiques en matière migratoire et le second revient sur les débats parfois très violents sur la question des migrations dans le monde politique mais aussi au sein de la communauté scientifique, en raison notamment des choix méthodologiques et politiques des chercheurs.

En introduction, il part du constat que la France est une terre d’accueil de migrants du monde entier depuis longtemps, mais cette migration s’est modifiée au cours du temps entre l’Europe et le Maghreb-Afrique avec respectivement une part de 66 % et 20 % en 1975 pour s’inverser en 2012, 37 % et 43 %. Depuis 2002, l’immigration légale extra-européenne tourne autour de 200 000 par an, et ce quelles que soient les alternances politiques. Globalement, le taux d’immigration en France (0,3 %) correspond à la moyenne européenne. Héran s’interroge sur la permanence de ces chiffres. Pour l’Bout Ons Escarpins Ferm Slip FitFlop Superchelsea INSEE, le pourcentage d’immigrés (c’est-à-dire ceux vivant en France depuis au moins 1 an) s’élève à 10 % de la population. Si l’on considère les personnes nées en France de parents immigrés, ce taux cumulé avoisine les 22 %, ce qui signifie que « plus d’un habitant sur cinq est immigré ou enfant d’au moins un immigré ». Avant d’aborder la question des politiques publiques, il définit les concepts qu’il utilisera. Tout d’abord, il refuse de prendre en compte la théorie circulatoire propre aux Anglo-Saxons car elle fait fi du fait que les migrants s’installent. Héran préfère parler de migration de peuplement qui réunit les concepts de circulation et de peuplement. Au niveau lexicologique, il va même jusqu’à utiliser le concept de migrant de souche pour signifier qu’il fait souche dans leur pays d’accueil (histoire de tordre l’expression « Français de souche »).
La question des migrants ressurgit dans un contexte international tendu (résurgence du phénomène religieux, attentats, situation au Moyen-Orient), mais cette crise des migrants n’est pas démographique, elle est politique et morale. Il évoque des vagues migratoires antérieures beaucoup plus importantes que celles actuelles. Par exemple, pour les réfugiés syriens, la France en a accueilli 80 000 en 2015 (0,12 % de sa population totale), soit un taux très faible par rapport à l’Allemagne (970 000 soit 1,1 %), alors qu’en 1939 la France accueillit 700 000 républicains espagnols (soit 1,6 % de la population d’alors qui était de 42 millions) et un million de rapatriés d’Algérie en 1962 (2,1 %). L’auteur a raison de rappeler ces migrations historiques, mais encore faudrait-il préciser les conditions d’hébergement de ces migrants (parquer dans des camps et notamment celui de Rivesaltes qui a servi à ces deux vagues migratoires) et les réactions négatives qu’elles ont induites. Continuer la lecture de François Héran, Avec l’immigration. Mesurer, débattre, agirTamaris 21 Tamaris 25154 21 25154 Bottes Bottes 21 25154 21 Tamaris 25154 Bottes Tamaris Bottes 8wRqOUA, Paris, Éditions La Découverte (coll. L’envers des faits), 2017

  1. Le Temps des immigrés. Essai sur le destin de la population française, Paris, Seuil, 2007 et Parlons immigration en trente questions, Paris, La Documentation française, 2012. [Olivia Netley Unique Bottes Chelsea Femme Taille Clarks ZxT56fqw5]
  2. Directions de l’INED : Jean Bourgeois-Pichat (1962-1972, promo X 1933), Gérard Calot (1972-1992, promo X 1954), Jacques Magaud (1992-1995, promo X 1960). L’École Polytechnique est surnommée l’« X ». []

compte-rendu par laurent dartigues

Ces deux livres parus en 2016 sont des essais rédigés dans le feu des attentats qui ont frappé la France au cours de l’année 2015. À ce titre, ce sont des ouvrages d’intervention dans le débat public, à partir de leurs compétences intellectuelles – l’un d’historien du droit (Jacques de Saint Victor), l’autre de politiste dont les travaux de thèse portent sur le blasphème (Anastasia Colosimo) –, et à propos d’une liberté d’expression qui apparaît à tous deux menacée. Continuer la lecture de Question de blasphème, à partir de Jacques de Saint Victor, Blasphème. Brève histoire d’un « crime imaginaire » et Anastasia Colosimo, Les Bûchers de la liberté

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